Pour effleurer le beau
La paresse à l’esprit nuit au bonheur de lire :
Médiocres sont les mots écrasés par l’égo ;
Pour effleurer le beau comme on aime une peau
Il faut suer son eau pour demain en sourire.
Pour grandir et voler sur l’aile de la grâce,
Quittez le ras de l’eau où vous vous complaisez,
Même l’âme en sanglots doit apprendre à pleurer
— Que le chant de ses pleurs en sublime l’espace —
L’amateur suffisant insulte la belle œuvre
En grattant le papier, l’émotion comme auteur,
Reniant le lecteur qui pointe sur l’erreur
Offusqué du détail témoignant du gros-œuvre.
L’écriture est un art que l’ouvrage divine
Ne prétextez le cœur s’il n’est point érudit ;
Que serait un jardin si la rose pâlit
Au désinvolte soin de la main qui jardine ?
© 18 juin 2007