Il
Il était tout de grâce empruntée, le cœur gauche,
Brodant des soirs d’été sur un tissu de neige ;
Et le voyant si fou, les femmes le moquaient,
Mais lui brûlait leur nom au feu de sa mémoire.
Sur le seuil de l’hiver, son ombre déjetée
Ecrivait son chemin d’une plume de fée
Loin de la rumeur des villes au masque noir,
Auprès d’arbres où les oiseaux cachent leur cri.
Il posait des rideaux aux fenêtres des mots
Pour empêcher d’entrer l’obscur et le mesquin ;
Il était de ceux-là qui préparent le feu
Et s’en vont dans le froid quand les autres se chauffent.
Enfantin amoureux au sourire obstiné,
Fils d’amours opportunes qui fardent notre vie,
Il acquittait le droit de vivre et de chanter,
Il était, le cœur gauche, tout de grâce empruntée.
Théo
mai 2011